Maraite Geschichte

2L´histoire des „Domes“ de Hédomont, par André Mathonet

Par André Mathonet.

En quelques lignes, je vais ici essayer de retracer l'histoire de cette famille implantée à Hédomont depuis le XVéme siècle et qui a donné naissance au moins à deux grandes familles répandues de la région, à savoir la famille MARAITE et la famille GABRIEL.

C'est grâce aux renseignements communiqués par M. Raymond Jacob de Malmédy, dont j'ai repris avec son autorisation des extraits entiers que ce volet de l'histoire locale a pu être retracé.

Cette reconstitution des differentes générations qui se sont succédé à Hédomont est possible par un examen minutieux des différents actes repris dans les “Fonds de Stavelot-Malmedy, partie Abbaye et Principauté”, documents actuellement conservés aux Archives de Liége.

Ces documents sont donc nettement plus anciens que les registres paroissiaux et les registres d'états-civils (les plus anciens registres paroissiaux de Malmedy Bellevaux datent des environs de 1620) et leur lecture en est d´autant plus difficile.

1e génér.: Domes de Hédomont (+-1420 à +-1500)

Le plus ancien document consulté date de 1.500 (11,791,68) ("Hoirs Thönus de Hiédomont") dans le texte: "ont comparu les enfants Domos de Hyedomont, à saoir: Poy, Pirot, Thomas, Johan Burlyr del Plange fiast (gendre) audit Dormos. Ils relèvent, puis reportent à Poy et à ses hoirs (= héritiers) N.B.: Poy, Pon, Pou, Pooz, Pons, …= Paul de Hédomont

En 1503 (II, 790): Hoirs Domus de Hédomont: Pon ou Pou, qui a toute la masure, Pirot, Thomas, soit trois fils et Johan Burlyr del Planche, gendre.

En 1514 (II,790,68): Hoirs Domes de Hédomont relevant: Ponce (ou mieux Poule) a toute la masure.

On peut en déduire donc que Domes (celui qui habitait le 'Dome') de Hédomont est probablement né vers 1420-1440, qu'il s'est marié vers 1460-1470 et qu'il est décédé avant 1500-1503.

En fait, qu'est-ce qu'une masure?

Le curé Toussaint nous en donne un bref rappel (01-IVF p 106-107,184-187)

Une masure (du latin “mansura” est une exploitation agricole composée d'une maison et de terres qui sont la propriété d'un supérieur, ordinairement membre de la noblesse ou gros propriétaire. Le supérieur d'une masure la tenait lui-même du seigneur foncier, c'est-à-dire, l'abbé de Stavelot et les Chapitres des monastères.

A tout changement de propriétaire, soit par héritage, soit par acquisition et aussi avant tout avenement d'un nouvel abbé, le supérieur d'une masure devait en payer les droits de relief. II êtait aussi obligé de tenir des registres bien soignés dans lesquels il inscrivait les noms de ses propriétées avec les tenants et aboutissants, les droits prélevés, etc.

La masure est exploitée par un tenancier ou masuir qui est tenu à certaines redevances envers le supérieur. II en jouit avec droit d'hérédité et ordinairement il peut céder ou aliéner ses droits à d'autres. C'est donc une ferme avec ses deux propriétaires: le supérieur et le tenancier.

Le propriétaire a les droits suivants: la mainmorte, le formariage, les issues, corvées, cens et rentes.

La mainmorte ou mortement est le droit du supérieur de prendre la meilleure bête de l'étable ou le meilleur meuble de la maison à I'occasion du décés du tenancier.

Le formariage ou droit d'issue ou de sortie est une redevance due par le tenancier quand un de ses enfants sortait ou se mariait hors de la masure. De fait, il fallait le consentement de la seigneurie pour qu'un enfant de la masure puisse se marier hors de la seigneurie ou avec une femme libre.

Les issues sont des droits de vente. Les tenanciers de masures pouvaient aussi posséder des terres en propre et les aliéner, ainsi que la masure en tout ou en partie avec l'assentiment du supérieur mais il devait payer les issues lesquelles, avec les frais d'écriture et les beuverages (dringuelle) se montaient à 12 ou 15% de la somme de la vente.

Les corvées consistaient en travaux que la famille du tenancier exécutait pour le supérieur, tels les journées de faux, de faucille, de râteau, de charrue, de charriage de foin, de furnier, de bois etc.

Les cens étaient des redevances fixes en argent que le possesseur d'une terre payait au seigneur du fief.

Les renfes étaient des redevances en nature, telles que des chapons (jeunes coqs), des poules, des oeufs, du foin, de la laine, du lin, etc.

2e génér.: Paul Dome de Hédomont (1460-1550)

Il est né entre 1460 et 1470, mort avant le 21 mai 1550.

Divers actes entre 1512 et 1543 (1,583,56; 1 584,55; 1 585,95,) montrent que Pons, fils Dome tient une masure à Hédomont.

Rappelons aussi, pour faciliter la lecture, que la constitution des prénoms à l'époque de faisait toujours en ajoutant le prénom du père en deuxiéme position: Paul Dome signifie, Paul fils de Dome.

A partir de 1550, c'est son fils Jehan Poell qui en est le tenancier (II 208).

Lors du premier recensement officiel connu (celui de 1524), cinq feux (foyers) sont dénombrés à Hédomont, dont Poll; les autres foyers sont: Michiel, Michiel le Tyxhon, Lynart Walket et Johan ernotte.

Le 2 février 1530, Paul de Hédomont demande des biens à Linar Ponchin de Reculémont pour sa fille N. veuve de feu Johan, fils audit Linar Ponchin, dont deux orphelins (II 63, 144)

Au recensement de 1544, Hédomont compte trois feux, dont Paul; les deux autres sont Hubert et Ernott frères, Johan Michiel.

En 1548 (II 791, 173), Paul Dhomes de Hédomont dont Johan fils Paul de Hédomont et Messire Toussaint : Paul a donc deux fils, dont un prêtre.

Le 3 mars 1548 (II 792,36), Paulus Dhomes de Hédomont met son fils Messir Toussaint à succession de la masure de Hédomont, lequel la remet immédiatement à son frère Johan pour bienfaits regus.

Le 29 mars 1554 (II 792, 91v), la masure Paul de Hédomont succédée à Johan Paul, son fils; un autre fils, Linard.

On peut en conclure que Paul de Hédomont détenait la masure de Hédomont et qu'il avait au moins trois fils: Messire Toussaint (le prêtre), Paul, Linard et une autre fille. On verra plus loin qu'il avait encore un autre fils Corneille.

21 avril 1550 (II 792,51): Linard cède sa part de la masure à son frère Johan.

En 1550 (II 792,53), Corneil est cité manant à Recht

Le 2 juillet 1550 (II 792,53) la fille a épouse Jehan Linard Pnchin de Reculémont, cité à la date comme filiastre de Paul. Ils ont eu Johan de Reculémont, cité en 1555 (II 792, 104) et Sophie, épouse de Jaspar, fils Antoine Jehan Paquay delle

Francheville, cité en 1555 (Jaspar delle Francheville)

Le 10 janvier 1557 (II 792,131), Corneil de Hédomont manant à Recht reconnait qu'il a regu de Johan Paul de Hédomont 500 florins

3e génér.: Johan Paul de Hédomont (1500-1560)

Probablement ne vers 1490-1500 et mort avant le 2 jullet 1560.

En 1550-1552 (I 588), Jehan Poell tient la masure.

Le 3 mars 1548 (II 792,36), Paulus Dhomes de Hédomont met son fils Messire Toussaint à succession de la masure de Hédomont, lequel la remet à son frère Johan.

6 juillet 1555 (II 792,104v) Johan Paul de Hédomont, oncle de Jaspar delle Francheville et de Johan de Reculémont; sentence entre Johan Paul de Hédomont et Corneil de Hédomont son frère. II est question de la masure de feu Paul de Hédomont leur père.

2 aout 1560 (II 792,163): Marie relicte (= veuve) Johan Paul de Hédomont. II est oratiquement certain que c'est cette Marie - Mareie- qui a laissé son nom aux MARAITE; le père étant mort, les enfants et le foyer ont été désignés par un nom rappelant la mère.

6 juin 1561 (II 792,163) pour Marie relicte Jehan Paul de Hédomont, Corneil, fils Paul de Hédomont se dit satisfait des partages.

La mère, Marie Stefen et Johan Paul ont eu aussi une fille Jehenne qui épousera Querin fils de Lambert et une autre fille N. qui épousera Linard Henry le Gros de Hermamont.

4e gener.: Pasquay fils Johan Paul de Hédomont (1540-1630) dit aussi Paquay Marie, ou Marée d'ou Maraite

2 octobre 1582 (II 792,434); Paquay Johan Paul de Hédomont et Linard le Gros de Hermamont

1610-1611 (ACM 62,71, Curé Jehin): Pacquay Marie de Hédomont doit 4 copes de rente; tous ont payé jusqu'au 5.1619, sauf Pacquay Marie

1620-1626 (ACM 62,71) : Pacquay Marée de Hédomont

16 mai 1574 (II 792,392) : Pasquay fils Johan Paul acquérant de Querin fils feu Lambert les biens parvenus à sa femme Jehenne depar Marei Stefen relicte dudit Johan Paul, puis Pasquay reléve la masure.

10 octobre 1582: Pacquay Jehan Pol de Hédomont et Linard Henry le Gros de Hermamont. Paquay garde la masure.

30 avril 1636 (II 795, 276): Quirin Jacob de Sourbrodt acquérant des Hoirs Pasquea Jehan Paul dit Maree de Hédomont: Jehan, hoirs feu Gabriel son frère, Linar et pour Pirot le pape son soroge, et Renard Pierre.

N.B.: II s'agit donc bien ici de Linard Paquay Maraite, soit Linard Paquay Jehan Paul de Hédomont, que nous retrouvons à la date du 3 aout 1632 (II 795,224) lors d'une donation réciproque entre Léonard Pacquea Jehan Paul de Hédomont et Suzanne fille Pierre Hubert d'Aspert, conjoints.

10 juillet 1632 (II 795,223v): Hoirs Pacquea Jehan Paul dit Mareie de Hédomont relevant: Linard fils, Jehan absent, Marie épouse de feu Henry le fils, Renard Pierre du Ronxhy, beau-frère, Sabeau epouse de feu Gabriel aussi fils, Pirot le Pape gendre

Un des ses fils, GABRIEL, ne en septembre 1630 (Reg. Henrot, 241) épousera le 24 mars 1621 Isabelle (ou Sabeau) Jaspar de Ronchier; c'est de lui que provient le nom de la famille GABRIEL de la région.

Une fille Anne, épouse le 29 novembre 1625 (Rég Henrot, 252) Renard fils de Pierre du Ronchier et Anne. Le couple habite au Ronchy. Un fils Pierre est ne en 1627 et est mort en 1702. Leur descendance y habite sans interruption. La maison change de nom par le mariage en 1730 de A.M.Pierre de Ronchy avec Caspar Jean Jouste originaire de Butgenbach (B 1/50).

Linard (ou Léonard), épouse vers 1630 Suzanne, fille Hubert Piro d'Aspert.

Jean épouse probablement N, fille Jaspar de Ronchier, car il habite au Ronchier dès 1624 (Mambours 1,188). En 1632, il est cité comme "successeur de Jaspart de Ronchy" pour une dette.

Par contre, une Marie "des Fisez", épouse Jean Pasquea, meurt en 1626.

Henry épouse Marie, fille Hubert Pirot d'Aspert et meurt vant 1632. Ce couple n'a pas d'enfants.

Marguerite, citée en 1629, épouse Pirat ie Peps de Ster

5e génér.: Léonard Paquea Maraite de Hédomont(+- 1590 à 1655)

Léonard Paquea Maraite est probablement né vers les années 1580-1590.Son mariage avec Suzanne, fille Pierre Hubert Piro d'Aspert eut lieu vers les années 1620-1630.

Le 3 aout 1632 (11 795,224), nous notons une donation réciproque entre Léonard Pacquea Jehan Paul de Hédomont et Suzanne Pierre Hubert d'Aspert, conjoints.

Léonard est souvent cité dans le livre des Mambours de la paroisse de Bellevaux parce qu'il fournit des hosties, des chandeliers à l´église.

Ses héritiers sont (II 796,184):

- Marie, née le 15 mai 1633

- Jean, né le 26 décembre 1634

- Henry, né le 9 mars 1636

- Léonard, né le 4 mars 1640.

Deux de ces enfants vont fonder les deux branches de Maraite, une à Hédomont, l´aute à Warche-Bellevaux.

Léonard Pasquay Maraite de Hédomont, né en 1640, épouse en 1669 Catherine Grosjean de Falize. II mourra le 11 octobre 1693 et elle, le 26 novembre 1696 aprés avoir donné naissance à sept enfants. Godefroid et Léonard, deux de ces enfants auront une descendance importante dans ce village. Henry Maroette, ne le 9 mars 1636, partira s'installer à Warche, prés de Bellevaux. Il épousa une certaine Pétronelle et mourut en 1702.

II n'y a plus de doute é avoir sur l'origine commune de cette branche de

Warche/Bellevaux avec celle de Hédomont. De nombreux actes retrouvés dans les "Fonds de Stavelot " le montrent à plusieurs reprises (se referer aux extraits aux chapitres suivants G et H) : Henry de Warche est bien le fils de Léonard Pasquea de Hédomont.

Un des enfants de Henry Maraite de Warche, Jean Maraite de Warche né en 1670 sera le témoin au baptème d'un fils à Léonard Maraite de Hédomont en 1700, donc de son cousin.

Léonard Pasquea le père, est fréquemment cité dans l'éöglise de Bellevaux; un des ses fils se serait ainsi installé dans un village proche, Warche.

Deux de ses enfants à Henry Maroette, Henri Maraite de Warche et Jean Maraite de Warche épousérent deux soeurs, Jehenne et Marie, deux filles à Godefroid (Rimé) de Bellevaux, donc des héritiéres avec deux autres soeurs, Catherine et Anne, de la Maison de Belvaux, ancienne seigneurerie dont les origines remontent au début du XlVéme siécle. Cette histoire sera développée plus en détail plus loin avec la famille Maraite de Bellevaux.

Seul Henri de Warche aura une descendance Maraite dans la région de Bellevaux et continuera cette deuxiéme branche principale des Maraite.

La famille Maraite de Bellevaux.

Comme nous l'avons déjà évoqué lors de I'histoire de la famille 'Domes' de Hédomont, nos ancêtres, un descendant des Maraite de Hédomont, Henry, le fils à Léonard età Suzanne Piro d'Aspert vint s'installer au village de Warche près de Bellevaux vers les années 1650-1660.

Nous avons aussi évoqué le léger doute qui subsiste quant à l'origine certaine de cette branche qui donnera naissance à la grande famille des Maraite de Bellevaux.

En fait, ce doute est très faible si on rassemble tous les documents en notre possession.

Henry, né le 9 mars 1636 est bien le fils de Léonard Maraite de Hédomont ainsi que le témoigne les registres de Malmedy. Cette famille avait quatre enfants dont Léonard qui continuera la branche des Maraite de Hédomont.

Léonard Paquea Maraite (le père) était souvent cité dans le livre des Mambours de la paroisse de Bellevaux pour ses dons en hosties, chandelles, etc.

Un des fils à Henry Maraite de Warche, Jean Maraite de Warche, né en 1670 sera témoin au baptême d'un fils à Léonard Maraite de Hédomont, en 1700, lequel serait donc son cousin.

Le 3 juin 1630, nous pouvons lire dans les 'Fonds de Stavelot-Malmedy', un acte de "cognaissance et obligeance" pour Henry Pierre de Warche concernant les hoirs Pacquea Jehan Paul dit Marette de Hédomont, dont entre autres Léonard, le père à Henry.

Dans ces mêmes "Fonds de Stavelot-Malmedy", registre 796, page 184, on y lit un acte de succession passé le 17 septembre 1670 en faveur des "hoirs" (éritiers) de Léonard Pacquay Maraye,à savoir Léonard fils, Henry, Jean et Marie. Le même jour fut conclu un accord d'échange entre Estienne Godfrind Etienne de Lasnenville et Linard Pacquay Maraye de Hédomont (fils): Etienne échange des terrains "aux environs de la beolle sur Maronfas" qu'il avait en gage de Henry Piere de Warche; ce dernier les avait reçu de feu Léonard Pacquay Maraye de Hédomont.

II avait donc des liens ou obligations qui liaient Léonard de Hädomont et une famille en place ä Warche, Henry Pierre, à l'époque de la naissance des enfants de Léonard, dans les années 1630. C'est probablement une des raisons pour lesquels Henry Maraite, appelé 'Maroette' dans les premiers actes de Bellevaux, vint s'installer dans ce village de Warche près de Bellevaux.

II est remarquable de constater que, à cette àpoque, Warche comptait autant d'habitations que Bellevaux.

Lors du recensement de 1544, an denombrait déjà à Warche et 'tilhol' six feux, soit Pirot le tilhol, Johan, Renier vachelot, Bastinet, Piettre et Henry johan noel.

Etant, ni historien, ni expert en la matiäre mais amateur et fouineur d'archives, je peux néanmoins trouver deux explications ä I'importance relative de ce hameau:,

- en consultant une des premières cartes existantes de la région (carte Tranchot au début du XIXéme siécle), on peut constater que Warche se trouve sur un axe de communication entre Bellevaux et Challe/Stavelot. C'était le chemin le plus direct pour rejoindre la principauté de Stavelot, la route de Beaumont n'étant pas encore construite.

- Warche avait aussi son 'petit château' comme an peut le voir dans l´étude de M. Zander "BELLEVAUX, contribution à l'histoire locale". Cette petite seigneurie remonte, selon cet auteur, peut-être au Xe siécle.

A l'époque de l'arrivée de Henry Maraite dans ce village, le château existe toujours et est la propriété du "gros seigneur de Warge". Ce n'est qu'en 1696 que ce château fut vendu au chapitre de l'abbaye de Malmedy.

Par aprés, ce bâtiment sera complètement détruit, et plusieurs maisons de ce village ont probablement été construites ou rearées avec des matériaux provenant de ce site.

On peut aussi remarquer que la route menant de Warche à Chevaufosse par les crêtes n'existe pas encore au deut du siécle passé: il fallait longer l'Amblève jusque Lodomé pour trouver un petit chemin permettant de rejoindre ce village.

Une maison était d'ailleurs construite à l'emplacement de l'actuel carrefour vers Chevaufosse; sa destruction date probablement de la construction de cette nouvelle voie d'accés; c'était l'ancienne maison Lecoq dont on devine les vestiges de quelques pans de murs dans le virage. Cette maison fut aussi habitée par la famille Aleff, dont Marie Catherine, épouse de Clément Joseph Maraite.

Henry Maroette de Warche épousera une certaine Pétronelle. Nous n'avons pas d'autre renseignement à son sujet, sinon qu'elle est morte le 22 avril 1710 à Warche. Ils auront quatre enfants, Léonard, Henry et Jean et Jehenne, nés vers 1660-1670. Léonard n'aurait pas de descendance, Jehenne s'installera à Chevofosse aprés son mariage avec Antoine Nouprez.

Les deux frères, Henry et Jean épouseront deux soeurs de Bellevaux, Jehenne et Marie, filles héritiéres de la Maison Godfroid de Bellevaux; cette illustre famille descendante des seigneurs de Belva s'éteignant donc à cette époque faute de descendance male.

Jean restera au hameau de Warche; sa fille Pétronelle épousera Henri Lecoque de Warche mais son fils Henry mourra en célibataire. Cette première branche des Maraite de Warche s´éteint donc rapidement.

L'autre frère Henry et Marie fille Godfroid viendront s'installer à Bellevaux; trés vraisemblablement dans l'ancienne maison Maraite.

Comme le signale Zavier Zander, il s'agissait probablement de la demeure des domestiques des seigneurs de Bellevaux, dont le château se trouvait en contrebas dans les prairies.

On pourrait dès lors supposer que cette demeure passa dans la famille Maraite suite à ces deux mariages avec les héritiéres de Godfroid de Bellevaux.

C'est sans doute pour rappeler ce lien avec cette famille illustre de ce village que le nom de Godfroid se retrouve dans les prénoms de trois générations succesives des descendants Maraite:

Godfroid Maraite, fils à Henri, ne en 1701

Godfroid Antoine Maraite, petit-fils à Henri, né en 1732

Godfroid Josephus, arriére-petit-fils àHenri, né en1769

II faut néanmoins signaler un acte de donation devant le Notaire Dombret de Malmedy le 10 fèvrier 1691, léguant tous les biens restants de feu Godfroid de Belva à son frère Philippe de Belvaulx et à sa soeur Jehenne de Belvaulx, bourgeois à Malmedy. Godfroid cédait ainsi ' le peu de bien qu'il lui restait après l'incendie derniére de Malmedy (*), malade sur son lit, sain et entier d'entendement...'

(*): I'incendie du 4 octobre 1689 par les troupes françaises de la garnison de Luxembourg, incendie qui détruisit 600 maisons (sur 660) et qui ruina presque totalement le commerce local, incendie pour éviter que les troupes impériales ne fasse de Malmedy leur quartier d'hiver et profiter de l'engrangement exceptionnel de grains et fourrages.

Beaucoup d'articles ont deja été edites au sujet de la maison Maraite de Bellevaux, notamment par M. Zander de Bellevaux.

Cette maison construite en charpente de chéne fut endommagée lors du dernier confiit mondial. Le torchis de la façade fut remplacé par des briques puis recouvert d'un mortier en ciment.

La porte d'entrée porte I'inscription "Anno Domini 1592". Le fronton avec cette inscription se trouvait jadis dans le faitage du toit, ce qui prouverait que la maison fut transformée à cette date.

Ceci est confirmé par un document décrivant l´état du bâtiment en 1842 et destiné à couvrir les risques incendies.

On y lit: ' Maison d'habitation appartenant à Miche Maraite de Bellevaux.

75 pieds de longueur et 32 pieds de larger.

Premier étage, 10 pieds; 2éme tage 9 pieds et le grenier 12 pieds de hauteur.

Le cercle est construit en bois en argile.

Etat du sol:

La cuisine est pavé en pieres, la chambre é feu est planché et deux autres chambres sont planchés; les cinq planchés et le grenier sont planché et un fournil est construit dans le corps de logis.

Recouvrement:

La cuisine est pavé en pieres la chambre à feu sont plafonnés les autres planché sont planchés et le grenier est couvert par la toiture les caves est voutées en pieres

Toiture:

Le corps de logis est couvert en ardoises les écuries la grange et les remises sont couvert en chaume.

Les cheminée et la chaufferie sont en pieres rupis en argile.

Deux portes à deux batanst, 13 portes à un batanst, 6 fenètres à deux batanst

et 13 à un batanst.

La construction contient comme espace une cuisine, trois chambres, quatre planché, un grenier une caves deux 6curies de bêtes une grange et deux remises.

Situation: ayant la distance par un bout de 14 pieds de la maison voisine

Etat et âge: toute la maison est en bonne tat qu'oi-qu elle à été bâtie l'an 15014 (=1514) .Les réparations nécessaires n'y ont pas manqué la grange les écuries les

remises ont été reconstruit en neuf l´'an 1810.

Toute la maison est en bonne état et an y exerce aucune profession dangereuses sous le rapport du feu.

Evaluation: 1.000 thalers.

Pourquoi la maison a-t-elle été transformöe en 1592? Peut-être existe-t-il un lien avec un autre incendie de Malmedy en juin 1587 par la sinistre bande de Martin Schlenk de Nideggen qui pilla et incendia quantité de maisons?

Cinq ans après, la maison était ainsi reconstruite.

Sept générations au nom de Maraite occupèrent successivement cette demeure, dont, lors de la dernière génération, Henri Maraite, mon grand-père.(André Mathonet)

Quelques actes notariaux nous rappellent encore aujourd'hui les différents partages:

Godfroid Antoine Maraite, meunier à Bellevaux, (la deuxième génération à y habiter) epoux de Marie Jeanne Maron de Reculémont mourut le 11 septembre 1809 aprés une longue maladie. Sa deuxiéme femme Anne Catherine Remy-Paquay dont il n'eut aucune descendance lui survécut jusqu'en 1821. Ses deux enfants, Michel de Bellevaux et Quirin de Planche se partagerent l'heritage le 23 novembre 1809 (Notaire Krings à Malmedy ).

Michel Maraitte aura et emportera la maison patemelle située à Bellevaux avec appendices et dépendances ainsi que le jardin et la prairie dite Cortil vis-à-vis la maison..

Michel Maraite et Quirin etaient aussi les propriàtaires du moulin de Bellevaux, lequel fut cédé à leur grand-père Godfroid en 1746 par Godfroid de Belva (ou plutôt ses héritiers, Godfroid étant mort vers 1690 ).

Michel et Quirin cédèrent le moulin le 12 juillet 1824 (Notaire Krings à Malmedy, n° 115) à Thomas Mayeres:

Michel Maraite et Quirin Maraite, assisté de son épouse Marie Maraite cédent au sieur Thomas Mayeres, meunier demeurant à Malmedy, leur moulin à grain situé àBellevaux, connu sous le nom de vieux moulin de Bellevaux, avec appendices, dépendances ainsi que le mécanique y existant, lequel moulin est chargé des rentes en natures dont la désignation suit... pour la somme de 250 thalers de Prusse.

Michel Maraite épousa en 1797 Marie Françoise Jacquemotte de Lodomez; il mourut avant 1863, date du partage d´une partie de ses biens devant le Notaire Guldner à Malmedy entre Henri Joseph et Henri François Maraite.

Henri Frangois époux de Anne Marie Letronne était alors proprietaire de la maison, puisque, après sa mort, un partage devant le Notaire Lützeler de Malmedy, le 11 mai 1897, entre Marie Therese Maraite épouse de Henri Joseph Maraite de Ligneuville et Clement Joseph Maraite cultivateur à Bellevaux, attribua à Clement Joseph les dependances et appendices.

Leurs deux fils, Henri Maraite (1882-1960) et François "Joseph" (1884-1969) construisirent en 1912 l'actuelle maison Bertrand Maraite à Bellevaux. Après son mariage en 1911 avec Sylvie Dumoulin de Lodomez, Henri y habita juqu'en 1922. L'ancienne maison Dumoulin de Warche, construite en 1891 était devenue libre; Henri Maraite (1882-1960), le fils de Clement et de Marie Catherine Aleff ira y s'installer.

Aucune indication ne permet d'affirmer que cette nouvelle demeure, pratiquement detruite lors de la derniere guerre, se trouve au même emplacement que celle de leurs aieux, sept générations avant;

Une bibliographie plus detaillee suivra à son sujet, car sa vie fut bien remplie.

On y rappelera de nombreuses anecdotes sur "Henri l'mouni", sa vie consacrée à la chorale de Bellevaux, son expérience d'organiste, les "rmédes" celebres chez les Maraite, etc.

Drucken E-Mail