Les Bourggraff "Francs-hommes"

Les francs-hommes groupes et les francs-hommes dissémines.

Les differents relevés des francs-hommes aux 14e et 15e siècles démontrent qu'à certains endroits ils sont des nombreux et qu'à d'autres ils constituent la minorité.

C'est ce qui a poussé certains auteurs à distinguer les francs-hommes groupes et les francs-hommes dissé-minés. Ils se basent sur le dénombrement de 1657 qui donne pour la maierie d'Hoffelt par exemple la «liste des habitants des francs villages de la mayerie qui s'attribuent le nom de francs-hommes, partie à cause qu'ils ne sont francs de qualité, ains natifs d'autres lieux non francqz ». C'est là, croient-ils, une franchise collective et arbitraire. Certes, en 1611, le commissaire enquiteur constate à propos de Rondu: «la justice de Rondu, comme le mayeur déclarent que tout le ban de Rondu est affranchi... et que tous les mannans prétendent être francqz». (175) A cela an peut répondre non seulement que tous les «mannans de Rondu» ne sont pas francs mais que les francs-hommes des autres localités sont expressement désignés par les textes comme «êtant francs à l'egal de ceux d'Hoffelt et de Rondu».

Les auteurs mentionnes ci-dessus considèrent que « tous les habitants de Rondu et Hoffelt sont francs parce que la terre est franche». La qualité de l'homme dépend de la qualité de la terre. D'accord mais, même à Rondu et Hoffelt certaines terres sont considerées comme «non franques». Et le conseiller Benninck de constater en 1599, que «tous les mannans de Hoffelt prétendent par abus être francq». Les enquêtes prouvent d'autre part qu'à côté des francs-hommes veritables de Rondu et Hoffelt, il en est qui n'ont pas et qui n'ont jamais eu cette qualité. On ne peut donc conclure à une franchise collective. Ce serait centraire à la coutume. (176)

  • E.A. F. Conseil de Luxembourg; L. Les Francs-hommes (1651-­1699).
  • DONY, op. eit., pp. 22-34 et A.E.A. F. Conseil de Luxembourg. L. Les francs-hommes: Enquete de 1657,

 D'autre part, les franchises octroyées par les comtes et les ducs sont des franchises de bourgeoisie et non de «franchommie». Le terme «franchise» signifie plutôt que «franche ville» «cour dont relèvent les francs-hommes». ( 177) D'ailleurs, les chartes mentionnées au début de cette étude prouvent que les «biens des francs-hommes sont exclus des franchises». (178) Il ne faut pas oublier non plus que les veritables «francs-hommes groupes» ne sont pas si nombreux qu'on le pense. L'enquête de 1657 démontre que sur les 44 francs-hommes de Hoffelt, cites dans le dénombrement de 1469, environ une quinzaine ont réellement cette qualite. On ne peut admettre la franchise collective pour les francs-hommes. La présence de nombreux francs-hommes dans tel village ou telle contrée ne peut-elle pas s'expliquer par l'existence précédente d' un alleu plus etendu qu'ailleurs ? Ceci parait en tout cas logique. Faut-il encore insister sur le fait que lors des en-

quêtes ordonnées par les princes, les francs-hommes refusent de déclarer leurs biens? Ceci prouve que le bien franc, le bien libre est une des bases, sinon la principale de la «franchommie». Ainsi, sur les alleux étendus les francs-hommes ont été nombreux, tandis qu'ils étaient clairsemés dans les petits.

APPENDICE 2.

Les ressources des francs-hommes.

Les francs-hommes ayant l'obligation «d'entretenir cheval et armes pour le service du prince». Il est élémentaire de jeter un coup d'oeil sur leur condition materielle.

A l'origine, les francs-hommes étaient des grands propriétaires terriens qui faisaient cultiver le sol par une main-d'oeuvre servile. Au fil des siècles, leurs propriétés se divisant (malgré l'interdiction de la coutume), beaucoup n'eurent plus les moyens de se servir des serfs, devenus plus rares. Ils s'employèrent donc à exploiter eux-memes leurs propres terres. Neanmoins, ces «gens labourans» jouissaient de privilèges nobles, comme le service à cheval, le droit de justice, l'exemption de tous genres d'impôts, etc.

  • J. LECLERCQ, op. cit., Coutume de Bastogne et A.E.A., F. Conseil de Luxembourg. L. Les francs-hommes. Enquête de 1599.
  • JOSET, Les villes au pays de Luxembourg (1196-1383), Louvain 1940, p. 96, note 175.
  • Iden, op. cit., p. 149,

(179) A.E.A. F. Conseil de Luxembourg; L. Francs-hoinmes de 117.1- 1651; farde: Orgeo,          octobre 1510,

Malheureusement, l'équilibre entre la condition materielle et la condition sociale fut bientôt rompu, et la décadence totale de la première entraina celle de la seconde. Les enquêtes successives du 16e et 17e siècles sont d'un interet capital sur ce point. Certains francs-hommes déclarent qu'ils «cultivent eux-mêmes leurs terres». d'autres reconnaissent qu'ils «charruent, menent les foins et grains pour les autres». D'autres pratiquent un metier: ils sont porchers, couvreurs de chaume, charpentiers, herdiers, meuniers, maçons, cafetiers, aubergistes, brasseurs, tailleurs et parfois mendiants. Neanmoins, ils jouissent toujours de certains avantages économiques. Les francs-hommes d'Orgeo, par exemple, ont le droit de chasser leurs porcs dans la fôret domaniale. A cet egard un curieux conflit éclata, en 1510, entre le seigneur d'Herbeumont et les francs-hommes d'Orgeo. Ceux-ci ayant le droit de chasser leurs porcs dans la fôret d'Herbeumont, éviterent de les envoyér durant la guerre avec la France, de crainte de se les faire enlever par l'enne-mi. La guerre finie, ils voulurent reprendre cette coutume, mais le seigneur d'Herbeumont s'y opposa et voulut leur faire payer «deux blancs de pennaige, comme les bour-geois». Les porcs furent ensuite expulsés de la fôret. Mais les francs-hommes les y «rechassèrent» Alors le seigneur d'Herbeumont les fit prendre. Les francs-hommes lui intentèrent un procés et le Conseil de Luxem­bourg les maintint dans leurs droits, «à l'encontre du seigneur d'Herbeumont».

Les francs-hommes d'Orgeo, Martilly, etc.. jouissaient d'ailleurs des mêmes droits que ceux «du Neufchasteau», lesquels étaient exempts du panage, du droit de sartage et de «l'abbrochaige des vins». (179)

Les francs-hommes bénéficiaient encore d'autres droits «forestiers». Par exemple, dans les forêts occupant le territoire compris entre Bouillon, Sedan, Mouzon et Ivoy-Carignan (l'ancienne Epoissus, Eposium). Ces forêts furent longtemps indivisés entre les princes de la Marck et les évêques de Liège. Un accord fait entre les 2 principautés, le 14 juin 1573, attribua la forêt de Bouillon et celle des Amerois à la ville de Bouillon et celle de Lestrie à la ville de Sedan. Lors de ce partage, les francs-hommes dits les Oyseliers de la prévôté de Mouzon, au nombre de cinquan te, représentèrent aux députes du prince de Liège que de tout temps ils ont joui du droit de prendre leur bois de construction et chauffage dans les bois de Lestrie, des Amerois et de la Harre, situés dans la forêt de Bouillon, et cela, en payant chaque année, la veille de Saint-Pierre, « cinq blancs Baroys valant environ dix-sept deniers tournois» au profit du roi de France et de l'évêque de Liège «ce dernier comme suzerain de la forêt des Arne-rois». (180)

       Au 17e sièclee, la situation materielle des francs-hommes est devenue déplorable. Tel fut l'aboutissement des partages successifs de la propriete. A bout de ressources, les francs-hommes sont desormais dans l'impossibilité de respecter leurs réglements. Leurs terres étant reduites à de maigres lopins de terre, ils doivent recourir à un metier pour subsister. On sait que l'exercice d'un «art méchanique» leur était formellement interdit. Mais c'était pour eux une question de vie ou de mort. De la classe noble dont ils etaient sortis en grande partie, ils glissent vers la roture. S'ils gar-dent provisoirement d'importants privilèges, ceux-ci sont destinés à la disparition. Avant même l'aurore du 18e siecle, la classe des francs-hommes cesse d'exister.

CONCLUSION.

Les francs-hommes cités dans les textes depuis la fin du 12e siècle jusqu'à la fin du 17e, formaient une classe sociale differente des autres. Ils étaient distincts des ministeriales, des nobles, des bourgeois et des serfs. On peut, dans le cadre social, les placer entre les nobles et les bourgeois. D'ailleurs de par leur origine, les uns sont «sortis» de la bourgeoise, — le prévôt ayant le droit de choisir certains francs-hommes       les autres, les plus anciens, auxquels il est fait allusion dans la «cou tume de Bastogne» sont issus de la noblesse. Les cadets n'héritant pas des fiefs, mais des alleux, les francs-hommes, nous l'avons démontré, ne sont autres que des alleutiers. A partir du début du 13e siede et specialement au cours du 14e, une foule d'alleux luxembourgeois sont convertis en fiefs. Astreints désormais au service militaire pour remplacer les nobles qui font défection, les alleutiers, c'est-à-dire, les francs-hommes jouissent de nombreux privilèges. Mais, au fil des siecles, ils se multiplient d'une maniere illicité tandis que leur propriété se morcelle sans cesse. Beaucoup, même, se disent francs-hommes sous le prétexte, soit d'avoir épouse une fille de cette qualité, soit qu'ils se sont installés sur une terre franche (ancien alleu).

La reaction des princes ne devait pas tarder. Ainsi, des en-quêtes nombreuses allaient permettre de déclencher la lutte contre ceux qui avaient acquis illegalement la «franchommie» ou contre ceux qui ne respectaient pas leur réglement.

En échange du service militaire au benifice du prince, les francs-hommes étaient exempts des redevances ordinaires et extraordinaires. Ils formaient, pour ainsi dire une classe priviligiée. A Bastogne, ils étaient justiciables de la «Salle», cour de justice formée de nobles et dont ils firent partie au moins jusqu'en 1579. Ailleurs, ils dependaient des justices féodales. Dans le domaine économique, ils possédaient une terre franche et jouissaient de nombreux «droits d'usage» dans les forêts domaniales. Mais, leurs propriétés étant sans cesse divisées entre les héritiers mâles (malgre la coutume) il leur fut impossible de faire le service avec armes et chevaux». La terre qu'ils cultivaient étant devenue trop restreinte, ils durent exercer un metier. Ils n'avaient plus, des lors, de raison d'être. Malgré les services qu'ils rendirent, notamment encore au 17e siecle, ils furent, à la suite des malheurs qui accablerent le du-che pendant et apres la guerre de trente ans, rejetés irremediablement dans Ia roture.

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